Jean-Marie Le Pen

Jean-Marie Le Pen, né le 20 juin 1928 à La Trinité-sur-Mer (Morbihan), est un homme politique français d’extrême droite (ou de « droite nationale », selon sa propre expression), issu des courants poujadistes. Il est président du Front national[1] (FN) depuis la fondation du parti.

Biographie

Jean-Marie Le Pen, né Jean Marie Louis Le Pen, est le fils de Jean-Marie Le Pen, patron pêcheur, et d’Anne-Marie Hervé, couturière et fille de paysans. Toute sa famille est essentiellement originaire du département du Morbihan. Le mot pen signifie en breton « tête », d’où son surnom de « Menhir ». Jean-Marie Le Pen est pupille de la nation : le bateau où se trouvait son père aurait heurté une mine allemande en 1942.

Il est élève au collège jésuite Saint François Xavier à Vannes, puis au lycée de Lorient. Il entre ensuite à la faculté de droit de Paris. Il est diplômé d’études supérieures de sciences politiques et licencié en droit. Il a été président des étudiants en droit de Paris puis, par la suite, président d’honneur de la « Corpo », de 1949 à 1951. Alors qu’il débute en politique, il fait changer son prénom de Jean en Jean-Marie (prénom de son père), sa femme considérant que ce dernier est plus à même d’attirer l’électorat catholique. Le mémoire pour le diplôme d’études supérieures de sciences politiques, rédigé en 1971, présenté par Jean-Marie Le Pen et Jean-Loup Vincent s’intitule Le Courant anarchiste en France depuis 1945.

Il tient une partie de son patrimoine de la vente de la société de cimenterie Lambert, que lui lègue par testament Hubert Lambert (héritier des ciments Lambert, décédé sans enfant à l’âge de 42 ans et auteur de très nombreux articles dans diverses revues nationalistes). Cette succession donne lieu à un début de poursuites judiciaires, qui sont abandonnées après négociation avec les cousins Lambert. Cette fortune miraculeuse le met à l’abri du besoin et aide son ascension politique à la fin des années 1970. Il tirait jusque là ses revenus des éditions phonographiques SERP. Depuis, il est assujetti à l’ISF. Les dons aux partis politiques (comme des héritages) sont adressés à une association de financement. Jean-Marie Le Pen est condamné en 1997 pour ne pas avoir appliqué cette loi à tous les dons. Il est un temps vice-président du Comité Pierre de Coubertin, et exerce les métiers de marin-pêcheur, mineur de fond, métreur d’appartements, ambulant des PTT…

En janvier 1953, il organise une colonne de secours d’étudiants volontaires pour porter assistance aux populations sinistrées lors d’inondations aux Pays-Bas. Il est alors président de la Corpo Droit à Assas et un des dirigeants, contesté, de l’UNEF. Il reçoit pour cette initiative l’appui public et politique de Vincent Auriol. En 1955, il est le délégué général de l’Union de défense de la jeunesse française.

Jean-Marie Le Pen est un ancien soldat des guerres d’Indochine et d’Algérie. Il arrive en Indochine en 1955, après la fin des combats, où il sert comme officier dans le 1er Bataillon étranger parachutiste en Indochine (sous-lieutenant). Il y est, entre autres, journaliste à Caravelle, l’organe du corps expéditionnaire français (1955).

Repéré par Pierre Poujade, il est élu député de Paris en 1956 sous les couleurs de l’Union et fraternité française (UFF). À vingt-sept ans, il est le plus jeune député de l’Assemblée nationale. Il sera exclu de l’UFF en 1957. Cette même année, il devient secrétaire général du Front national des Combattants (FNC). À ce titre, il soutient la candidature d’un Français de confession musulmane, Ahmed Djebbour, qui est élu. Jean-Marie Le Pen a prétendu avoir progressivement perdu son œil gauche suite à une cataracte traumatique consécutive à une bagarre en 1958 (Jean Marcilly, Le Pen sans bandeau, 1984), mais il a changé de version depuis : il est devenu borgne, explique-t-il, suite à une maladie de l’œil.

L’année suivante, il est réélu député de Paris Ve et adhère au groupe parlementaire du Centre national des indépendants et paysans (CNI) présidé par Antoine Pinay. Il est à cette époque rapporteur du budget de la guerre à l’Assemblée nationale et de la défense au Sénat de la communauté. Il quittera par la suite les bancs de l’Assemblée nationale et se porte volontaire pour se battre pour la défense de l’Algérie française.

Quarante ans plus tard, il justifie l’usage de la torture lors de son temps de service en Algérie, contre des partisans avérés ou présumés du FLN, cette pratique étant, selon lui, nécessaire pour lutter contre le terrorisme. Il déclarait en 1962 dans un entretien accordé au journal Combat « J’ai torturé parce qu’il fallait le faire », après des propos dans le même sens tenus en 1957 à la tribune de l’Assemblée nationale et la même année lors d’un dîner consacré à la justice en Algérie. Il revient plusieurs années après sur ses déclarations et affirme n’avoir jamais lui-même pratiqué la torture.

Il participe plus tard à l’opération franco-britannique de Suez. Jean-Marie Le Pen est décoré de la Croix de la valeur militaire. Il estime que son engagement politique est fondé sur l’amour du peuple et de la patrie. Battu en 1962, Jean-Marie Le Pen crée une entreprise d’édition phonographique, la Serp (Société d’étude et de relations publiques), spécialisée dans l’édition de chants et de discours historiques. Il devient le directeur de campagne de Jean-Louis Tixier-Vignancour, candidat à l’élection présidentielle de 1965.

En janvier 1971, sa maison de disques (la Serp) édite un disque intitulé Le IIIe Reich. Voix et chants de la Révolution allemande, ainsi qu’entre autres les chants de l’Armée rouge ou les discours des dirigeants communistes, comme Lénine. L’un de ces disques lui vaut une condamnation en 1971 pour « apologie de crimes de guerre ». En 1972, il est appelé à présider le jeune Front national (parti créé par Ordre nouveau, afin d’élargir son champ électoral) et continue son combat pour ses idées nationalistes. Les résultats électoraux du Front national sont en hausse depuis les élections municipales de 1983, à Dreux notamment.

Jusqu’ici titulaire de scores extrêmement faibles lors des scrutins, la forte poussée électorale d’un de ses adjoints à Dreux en 1983 puis une médiatisation de son discours suite à cette percée (invitation par Europe 1, radio privée, à l’automne 1983, puis sur Antenne 2, chaîne de télévision publique, en février 1984, notamment à L’Heure de vérité) l’aide à acquérir une dimension qu’il n’avait jamais atteinte auparavant, ce qui aboutit au score national de 10,95 % de la liste qu’il conduit aux élections européennes de juin 1984 (il sera réélu en 1989, 1994, 1999 et 2004). La droite doit se positionner par rapport à Jean-Marie Le Pen, situation inédite depuis 1967-68, car elle intégrait depuis l’essentiel de l’extrême droite dans ses rangs (un certain nombre des cadres du FN vient des partis de droite ou ont travaillé avec eux, notamment Gabriel Domenech, Jean-Marie Le Chevallier, Jean-Yves Le Gallou, Bruno Mégret, ou encore Michel de Rostolan).

En 1992 et 1998, il est élu au Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Il rencontre le plus de succès dans des régions comme l’est et le sud-est de la France. Ces résultats s’expliquent en partie par de nombreuses tensions sociales, liées entre autres aux tensions entre communautés d’origine maghrébine et Pieds-Noirs ; mais de forts résultats sont enregistrés dans des communes très aisées comme Cagnes-sur-mer. Fin 1998, une scission avec Bruno Mégret handicape le Front national : il perd la moitié de ses cadres et des milliers d’adhérents. Le FN chute à 6 % aux élections européennes de 1999 et n’obtient que 6 sièges.

Par un décret du 31 mars 2000[2], le Premier ministre constate que l’inéligibilité de Le Pen, prononcée le 17 novembre 1998 à titre de peine complémentaire par la cour d’appel de Versailles (8e chambre)[3], met fin à son mandat de représentant au Parlement européen. Par un arrêt du 6 octobre 2000[4][5], le Conseil d’État rejette le recours de Le Pen contre ce décret. La présidente du Parlement européen ayant, le 23 octobre 2000, pris acte de la déchéance du mandat de Le Pen, Le Pen conteste la décision de la présidente devant les juridictions communautaires: il obtient d’abord le sursis à exécution de cette décision [6], mais ses recours au fond sont ensuite rejetés[7].

De son premier mariage avec Pierrette Lalanne, épousée le 29 juin 1960 à Paris (VIIIe arrondissement), et dont il divorce en 1986, il a eu trois filles (Marie-Caroline, Yann, Marine) qui lui ont donné neuf petits-enfants. La plus jeune de ses filles, Marine Le Pen, est membre du Bureau politique du Front national et l’une de ses vice-présidentes depuis avril 2003 (à la suite du Congrès de Nice). Jean-Marie Le Pen se remarie à Rueil-Malmaison le 31 mai 1991 avec Jany Le Pen née Paschos en 1933, divorcée de l’homme d’affaires belge Jean Garnier et fille d’un marchand de tableaux grec et d’une mère en partie néerlandaise.

Parcours politique

Élections présidentielles

Il se présente aux élections présidentielles de 1974, 1988, 1995 et 2002, en professant des idées nationalistes, dont certaines considérées par ses adversaires comme xénophobes et/ou extrémistes :

En 1988, entre les deux tours de l’élection présidentielle, par l’entremise de Pierre de Bénouville, il aurait rencontré discrètement Jacques Chirac, ce que ce dernier nie depuis toujours. Les deux hommes se portent une haine notoire qui date de ce moment. Une photographie montrant Chirac et Le Pen en maillots de bain se serrant la main a été exploitée par le président du FN dans ses spots de campagne en 2002.

Lors de l’élection présidentielle de 2002, alors qu’il avait rencontré des difficultés à réunir les 500 parrainages nécessaires pour se porter candidat et que son parti demeurait dans l’ombre depuis sa scission de 1998, il obtient 16,86 % des voix. Cela lui permet, non seulement en raison d’un éparpillement des voix de gauche sur un grand nombre de candidats du premier tour mais surtout du fait d’une faible mobilisation des électeurs de gauche, de participer au deuxième tour contre Jacques Chirac, qu’il perd avec 17,79 % des voix. Cette élection constitue un événement important dans la vie politique française dans la mesure où c’est la première fois qu’un candidat d’extrême droite (ou de « droite nationale ») passe le cap du premier tour à une élection présidentielle. Le traditionnel débat d’entre-deux-tours entre les deux candidats présents au second tour n’a pas eu lieu, son adversaire ayant refusé de débattre avec lui en direct sur les chaînes de télévision.

Présidentielle de 2007

En vue de l’élection présidentielle et des législatives de 2007, Jean-Marie Le Pen a lancé un appel à différents partis et courants politiques pour constituer une « union patriotique » selon les termes suivants : « Je renouvelle mon appel à l’union patriotique, dont naturellement je prendrai la tête puisque je suis le mieux placé de tous les candidats qui se réclament de la droite nationale pour l’emporter ».

Il s’agit pour lui d’éviter une dispersion préjudiciable des voix telle que celle qui a conduit à l’élimination de Lionel Jospin dès le 1er tour de l’élection présidentielle de 2002.

Bruno Mégret président du Mouvement national républicain (MNR), ainsi que le Parti populiste ont répondu favorablement à cet appel. En revanche, Philippe de Villiers président du Mouvement pour la France (MPF) a décliné l’offre évoquant même un aveu de faiblesse de la part du président du Front national.

Jean-Marie Le Pen évoque fréquemment les difficultés qu’il éprouverait pour obtenir les 500 parrainages d’élus nécessaires à la validation de sa candidature. Il dénonce en particulier la publication des listes de parrains. De nombreux maires sollicités ont fait cependant remarquer que « Jean-Marie Le Pen commencerait son mandat à l’âge auquel François Mitterrand a terminé (péniblement) son second mandat ».

Le 20 décembre 2006, Bruno Mégret annonce officiellement son soutien à la candidature du président du Front national, lors d’une conférence de presse en compagnie de celui-ci, et scellent une « réconcialiation personnelle et politique ».

Style

Ses propos, délibérément provocateurs, choquent souvent, en particulier lorsque ses remarques sont perçues comme racistes ou sexistes. Ils procèdent probablement d’une stratégie d’accès aux médias, car il se plaint que ses propos plus modérés sont généralement passés sous silence.

  • « Croyons-nous pour autant que l’anarchisme triomphera comme force révolutionnaire et bâtira la société rêvée par Proudhon et ses disciples ? Non. Nous sommes plus près de croire que la vocation de l’anarchisme est à la fois plus profonde et plus durable. La défense de l’homme, de sa personnalité, maintenant, demain et toujours et dans toutes les formes de société imaginables. Jamais la tâche ne sera achevée, la tâche de l’anarchisme, c’est de défendre l’individu de son annulation dans la communauté mais en sachant que la tension subsistera toujours. » (in Le Courant anarchiste en France depuis 1945).
  • En parlant des malades du sida, le 6 mai 1987, à la télévision (Antenne 2), il dit : « Les sidaïques, en respirant du virus par tous les pores, mettent en cause l’équilibre de la nation. (…) Le sidaïque est contagieux par sa transpiration, sa salive, son contact. C’est une espèce de lépreux » ;
  • Un scandale éclate lorsqu’il déclare le 13 septembre 1987, au Grand Jury RTL-Le Monde, que les chambres à gaz sont un « point de détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale ». Son argumentation reposera plus tard sur le fait que ces chambres à gaz ne sont pas le seul lieu où des gens ont perdu la vie pendant la Seconde Guerre mondiale et, qui plus est, ne seraient pas mentionnées dans les Mémoires sur la Seconde Guerre mondiale de Winston Churchill (Plon, 1953), point qu’il n’avait pas mentionné sur le moment ;
  • En 1987, il se prononce pour un moratoire des dettes des pays du tiers-monde ; réf. nécessaire
  • Le 2 septembre 1988, lors d’une réunion publique : « Monsieur Durafour et Dumoulin, obscur ministre de l’ouverture dans laquelle il a d’ailleurs immédiatement disparu, a déclaré : nous devons nous allier aux élections municipales, y compris avec le Parti communiste, car le PCF, lui, perd des voix tandis que l’extrême droite ne cesse d’en gagner… M. Durafour-crématoire, merci de cet aveu. » Auparavant, Michel Durafour avait déclaré lors d’un passage à la radio : « Il faut exterminer le Front national » réf. nécessaire
  • Un autre propos, non relayé, concernait en 2001 le cinquantième anniversaire de la CECA : « Constatons que cinquante ans après la création de cet organisme, on ne fait pour ainsi dire plus ni de charbon ni d’acier en Europe. Voilà le brillant résultat des institutions européennes », ironisa-t-il. réf. nécessaire

Il est connu pour ses débordements oratoires, ses références à l’Histoire de France (avec des simplifications ou des raccourcis parfois vivement contestés), ainsi que pour des commentaires jugés en diverses occasions racistes et antisémites : il est pour certains condamné, pour d’autres relaxé. Il invoque souvent que cette forme d’expression est pour lui le seul moyen de se faire entendre, ses propos n’étant selon lui jamais retransmis par les médias que lorsque que ceux-ci estiment, à tort ou à raison, pouvoir s’en servir contre lui.

Ses partisans soulignent quant à eux que son équipe comporte des personnes d’origines diverses, de confession juive comme Jean-Pierre Cohen, d’origine maghrébine comme Farid Smahi, ou antillaise comme Huguette Fatna. Ils affirment aussi qu’une partie de la communauté juive de France se serait rapprochée de ses idées, ressentant une pression de l’antisémitisme en France dont la responsabilité serait à imputer en partie à l’immigration musulmane que Jean-Marie Le Pen estime responsable de nombreux maux.

« Lepénisation des esprits »

Expression employée pour la première fois par Robert Badinter en 1997 lors du débat à l’Assemblée nationale à propos de la loi Debré sur l’immigration et qui désigne l’acceptation et l’appropriation progressive par le public des thèmes développées par Jean-Marie Le Pen.

Citations

Voir Wikiquote

La question de la succession

Évoquant la rivalité implicite entre Bruno Gollnisch et Marine Le Pen dans l’optique de sa succession, Jean-Marie Le Pen a déclaré, dans un entretien au Figaro du 6 novembre 2004 :

« La succession n’est pas ouverte. Il y a peut-être des gens qui, le soir, mettent des épingles dans des poupées de vaudou en pensant à moi. Mais pour l’instant, je ne me sens pas hors de combat ni hors de situation. »

Il a également confirmé, à cette occasion, qu’il avait subi, avant et pendant la campagne pour l’élection présidentielle de 2002, un traitement pour lutter contre un cancer localisé de la prostate, et qu’il en serait désormais guéri. Son seul problème de santé se limitant à cette époque, selon lui, à une arthrose de la hanche pouvant le contraindre à une « opération banale ».

Procès

Condamnations

  • Janvier 1960 : condamné pour des menaces de mort proférées à l’encontre d’un commissaire de police (Le Monde, 21 janvier 1992).
  • 27 avril 1964 : condamné pour coups et blessures volontaires (Le Monde, 21 janvier 1992).
  • 16 janvier 1969 : condamné à trois mois de prison avec sursis et 20 000 F de dommages et intérêts pour coups et blessures volontaires par le Tribunal de grande instance de Paris (Le Monde, 21 janvier 1992).
  • 14 janvier 1971 : reconnu coupable par la Cour de cassation d’« apologie de crime de guerre ». La pochette d’un disque édité par la Serp affirmait : « La montée vers le pouvoir d’Adolf Hitler et du Parti national-socialiste fut caractérisée par un puissant mouvement de masse, somme toute populaire et démocratique, puisqu’il triompha à la suite de consultations électorales régulières, circonstance généralement oubliée. »
  • 11 mars 1986 : condamné au franc symbolique pour « antisémitisme insidieux » (peine confirmée en appel le 9 juillet). Jean-Marie Le Pen s’en était violemment pris à des journalistes juifs ou d’ascendance juive : « Je dédie votre accueil à Jean-François Kahn, à Jean Daniel, à Yvan Levaï, à Elkabbach, à tous les menteurs de la presse de ce pays. Ces gens-là sont la honte de leur profession. Monsieur Lustiger me pardonnera ce moment de colère, puisque même Jésus le connut lorsqu’il chassa les marchands du temple, ce que nous allons faire pour notre pays. » Et il leur accordait comme circonstance atténuante de n’avoir « appris le français que récemment ».
  • 27 mars 1986 : reconnu coupable d’apologie de crimes de guerre dont la déportation pour l’édition d’un disque sur lequel on peut entendre « un hymne du parti nazi » et « Vive Hitler ».
  • 16 novembre 1987 : condamné à 3000 F d’amende et 8000 F de dommages et intérêts à verser au Mrap pour « provocation à la haine, la discrimination et la violence raciale » par le Tribunal de Paris à la suite de la distribution d’un tract lors des élections municipales de 1983. Condamné lors du même procès à 5 000 F d’amende pour « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence raciale » pour ses propos lors d’une l’émission du 14 février 1984, selon lesquels « le monde islamo-arabe » constituerait un « danger mortel ». Peines confirmées par la Cour d’appel de Paris (11ème chambre) le 29 mars 1989.
    • 8 juin 1993 (pourvoi n°89-83298) : Cassation partielle de l’arrêt de la cour d’appel de Paris du 29 mars 1989 en ses dispositions portant condamnations pénales et civiles du chef du délit de provocation à la discrimination raciale. Pour la cour d’appel, Le Pen

« met l’accent sur le “monde islamo-arabe qui actuellement pénètre dans notre pays” et le “danger mortel” pour les français de se voir ainsi “colonisés” ; que de tels propos sont de nature à créer dans l’esprit des français l’idée qu’ils sont menacés dans leur identité même par la présence sur leur territoire de musulmans venant du tiers monde, à faire naître envers ce groupe déterminé, à raison de sa religion des réactions de rejet et à provoquer des actes discriminatoires voire de violence »

alors que pour la Cour de cassation,

« les expressions reprochées au demandeur ne désignaient aucune personne ou aucun groupe de personnes autre que des populations étrangères indéterminées, n’étaient de nature à inciter le public ni à la haine, ni à la violence, ni à la discrimination raciale et n’avaient pas dépassé les limites du droit à la libre expression sur le phénomène de l’immigration, la cour d’appel a dénaturé les propos incriminés et fait une fausse application de l’article 24 alinéa 6 de la loi du 29 juillet 1881 »

  • 23 mai 1991 : condamné par la Cour d’appel de Lyon pour « utilisation du terme SIDA pour stigmatiser l’immigration qui représenterait un danger aussi grave que la maladie porte une atteinte intolérable à la dignité des malades, qui ont droit au respect et à la solidarité et également une atteinte intolérable à la dignité des populations immigrées ».
  • 18 décembre 1991 : condamné par la cour d’appel de Versailles pour « banalisation de crimes contre l’humanité » et « consentement à l’horrible » pour avoir déclaré : « Je me pose un certain nombre de questions. Je ne dis pas que les chambres à gaz n’ont pas existé. Je n’ai pas pu moi-même en voir. Je n’ai pas étudié la question. Mais je crois que c’est un point de détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. […] Si, c’est un point de détail ! Voulez-vous me dire que c’est une vérité révélée à laquelle tout le monde doit croire, que c’est une obligation morale ? Je dis qu’il y a des historiens qui débattent de ces questions. »
  • 27 mai 1992 : condamné pour « diffamation » par le tribunal de grande instance de Paris à 1 F symbolique de dommages et intérêts à Jean-Christophe Cambadélis. Jean-Marie Le Pen avait qualifié le député PS d’« ancien — ou toujours — trotskiste, et ami des organisations terroristes allemandes » (Le Monde, 7 juin 1992).
  • 3 juin 1993 : condamné à 10 000 francs (1 524 euros) d’amende par la Cour d’appel de Paris « injure publique » au ministre de la Fonction publique de l’époque, Michel Durafour, appelé « monsieur Durafour-crématoire » (Le Monde, 5 juin 1993). Le 7 décembre de la même année, la Cour de cassation a rejeté son pourvoi.
  • 8 novembre 1995 : condamné à un redressement de 1,4 million de francs pour « oublis de plus-value boursière et sous-estimation de loyer ».
  • 15 novembre 1996 : condamné le tribunal de grande instance de Mont-de-Marsan à 10 000 F de dommages et intérêts pour avoir tenu des propos ayant « gravement porté atteinte » au président du tribunal d’Auch (Le Monde, 17 novembre 1996).
  • 6 janvier 1997 : condamné à 6 000 F d’amende et 1 F symbolique de dommages et intérêts par le tribunal de Strasbourg pour avoir qualifié l’association Ras l’front de « mouvement de tueurs de flics ».
  • 4 juillet 1997 : condamné à 5 000 F d’amende par la 17e chambre du tribunal de grande instance de Paris, pour avoir traité le président de SOS-Racisme, Fodé Sylla, de « gros zébu fou » lors d’une conférence de presse (Le Monde, 6 juillet 1997).
  • 26 décembre 1997 : condamné à 300 000 F de consignation pour diffusion du jugement dans des journaux, à verser entre un franc symbolique et 5 000 F de dommages et intérêts à onze associations plaignantes, et à payer leurs frais de justice par le Tribunal de Nanterre pour « banalisation de crimes contre l’humanité, consentement à l’horrible », pour avoir dit lors d’une conférence de presse en compagnie de Franz Schönhuber, le 5 décembre 1997 à Munich que « dans un livre de mille pages sur la Seconde Guerre mondiale, les camps de concentration occupent deux pages et les chambres à gaz dix à quinze lignes, ce qui s’appelle un détail ». Le 10 septembre 1999, la cour d’appel de Versailles confirme la peine (Le Monde, 15 septembre 1999).
  • 2 avril 1998 : condamné à deux ans d’inéligibilité (réduits à un an par la cour d’appel, qui ajoute 8000 F d’amende) et trois mois de prison avec sursis par le Tribunal correctionnel de Versailles pour « violences en réunion » et « injures publiques » (faits requalifiés par la Cour d’appel en « violences sur personne dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions ») pour avoir agressé la maire et candidate socialiste Annette Peulvast-Bergeal (qui portait son écharpe d’élue) lors des législatives de 1997.
  • 9 septembre 1998 : condamné au franc symbolique pour avoir présenté une tête en carton à l’effigie de Catherine Trautmann lors d’un meeting du Front national en mai 1996. Le tribunal parle d’« mise en scène macabre et choquante évoquant l’image de la mise à mort par décapitation visant d’une manière certes symbolique mais intolérable à l’élimination de l’intéressée », et estime que « l’agressivité de cette mise en scène est de nature à susciter envers Catherine Trautmann un climat d’hostilité excédant les limites admissibles d’un débat d’opinion dans une société démocratique » (Le Monde, 1er octobre 1998).
  • Novembre 1998 : condamné par le tribunal de grande instance de Nanterre à 10 000 F de dommages et intérêts à l’Union des étudiants juifs de France pour avoir déclaré « Je crois à l’inégalité des races », lors de l’université d’été du FN, le 30 août 1996 (Le Monde, 27 novembre 1998).
  • 10 juin 1999 : condamné à 12 000 DM (environ 6 000 €) d’amende par le tribunal d’instance de Munich pour incitation à la haine raciale et apologie de crime de guerre, i.e. « le point de détail » (MRAP, avril 2002)
  • 2 avril 2004 : Le tribunal correctionnel de Paris a condamné Jean-Marie Le Pen à 10 000 euros d’amende pour provocation à la haine raciale, en raison de propos tenus l’an précédent dans une interview au quotidien Le Monde (il avait déclaré notamment « Le jour où nous aurons en France, non plus 5 millions mais 25 millions de musulmans, ce sont eux qui commanderont. Et les Français raseront les murs, descendront des trottoirs en baissant les yeux. »). Jean-Marie Le Pen devra également verser 5 000 euros de dommages et intérêts à la Ligue des droits de l’homme et la même somme à la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), qui étaient parties civiles. Décision qui sera confirmée le 11 mai 2006 par la chambre criminelle de la cour de cassation.

Relaxes et procès gagnés

Le Canard Enchaîné affirma : « Il n’est pas dans nos habitudes d’intervenir dans les scènes de ménage, mais celle-ci est d’essence politique et de notoriété publique, nous ne pouvions garder par-devers nous un document comme celui-ci, et nous avons décidé de verser cette pièce au débat. » Jean-Marie Le Pen demanda en vain la saisie du journal, puis porta plainte pour « atteinte intolérable à sa vie privée ». Le 23 mars 1988, le journal fut condamné à verser 100 000 francs de dommages-intérêts à Jean-Marie Le Pen.

 

Published in: on January 27, 2007 at 3:31 am  Leave a Comment  

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